Préservation de la nature

Le parc National des Cévennes n’apparaît pas uniquement comme un vaste territoire au paysage tantôt pittoresque, tantôt tapi de verdure. Il abrite également une richesse faunique et florale d’exception. Un trésor que le parc tente aujourd’hui de protéger et de faire à nouveau prospérer.

Les caractéristiques du parc National

C’est p arce que le parc bénéficie d’un climat chaud et parce qu’il jouit d’un environnement favorable pour le développement de certaines espèces animales et végétales que le décret de septembre 1970 marque la création d’une nouvelle aire protégée dans les Cévennes. Une vaste réserve naturelle s’étendant sur 94 279 hectares , propice à l’épanouissement de différentes espèces. Tantôt jalonné de hautes falaises abruptes, du côté des gorges du Tarn, de broussailles au niveau des plaines et de vastes forêts de pin s sylvestres et de chênes en hauteur , le parc national des Cévennes offre en effet un habitat favorable aux animaux et aux plantes .

S’étendant sur tout le territoire du Gard et de la Lozère, le parc accueille de nos jours plus de 1 600 espèces végétales et 2 400 espèces animales. Ces chiffres encourageants résultent néanmoins d’un effort remarquable de la part des naturalistes du parc National afin de sauver certaines espèces en voie de disparition dans les Cévennes .

Processus de réintégration

Quelques années plus tôt, autour des années 40, certains animaux, comme les cerfs, les sangliers ou les chevreuils , étaient presque éteints à cause de la chasse, très prisée dans cette région du sud de la France. Ce ne sera qu’après la création du parc, en 1970, que la tentative de repeuplement fut lancée par quelques naturalistes optimistes .

La première réintroduction commença donc par les vautours, plus particulièrement le vautour fauve , totalement éteint à cause de la chasse . Le vautour fauve fait désormais partie des deux familles de vautours occupant le parc. Doté d’un cou recouvert d’un fin duvet blanc, celui-ci a été réintroduit dans les Gorges de la Jonte au même moment que la création du parc. Une opération qui porta rapidement ses fruits, car, en 200 9, on a dénombré pl us de 240 couples de vautours fauve et 185 jeunes dont plus de 2 7 % sont bagués . Une population grandissante qui occupe, non seulement les falaises abruptes de la Jonte, mais également celles du Tarn et de la Dourbie. Les randonneurs pourront même apercevoir ces derniers tournoyer à Millau . Cependant, bien que la population se porte au mieux, le vautour fauve demeure une espèce protégée suivie de près par la LPO, mais aussi le PNC .

Conscient de la réintroduction réussie du vautour fauve, les naturalistes tentèrent de relever un nouveau défi et de réintégrer d’autres espèces, aussi bien animales que végétales. C’est ainsi que quelques mammifères ont à nouveau foulé le sol cévenol comme le cerf, le sanglier, le chevr euil, le mouflon , réintroduit au début des années 80 , l’aigle royal, le castor, installé dans le bassin du Tarnon depuis 1977 , le cheval de Préwalski … En 2012, une nouvelle opération de réinsertion fut entamée. Il s’agit du gypaète barbu , un oiseau rapace considéré comme état le plus grand vautour d’Europe. Mais, faute de prédateurs, l’augmentation des familles de certains gibiers inquiète les naturalistes. Une nouvelle initiative fut alors entreprise par le parc afin de contrôler les populations .

Partie de chasse au cœur du parc national des Cévennes

Chaque réintroduction étant réussie, le parc voit peu à peu augmenter de façon considérable certaines espèces animales, notamment les mammifères tels que le sanglier, le cerf ou encore le mouflon. Une population en hausse que Gu illaume Benoît, directeur du site, décide de gérer en optan t, en 1995, pour un arrêt provisoire du processus de réintroduction .

Cette perspective ne suffisant pas à freiner l’augmentation massive des mammifères, le parc autorisa la chasse des gibiers pendant 5 à 6 mois chaque année. Cette chasse, pratiquée au cœur même de la zone protégée, reste néanmoins réglementée par le par lui-même et vise précisément à rétablir et garder l’équilibre de son écosystème . Même le mouflon est devenu le nouveau gibier de la Fédération des chasseurs du Gard qui, vers la fin des années 90, veille sur cette espèce originaire de Chypre et de Sardaigne . Le parc préserve ainsi la nature cévenole en surveillant de près la prolifération de certaines espèces. Mais, la prévention de la nature ne se limite pas uniquement à la réintroduction des population s . D’autres espèces animales et végétales , déjà présente s dans le parc, font également l’objet d’une protection, dans le but, là encore, d’assurer la survie de bon nombre d’entre elles .

La protection de la biodiversité

Compte tenu de son climat méditerranéen, de sa situation en montagne et de son relief étonnamment varié, le parc National des Cévennes jouit d’une importante richesse faunique et florale. Que ce soit dans les plaines semi-arides, sur les falaises escarpées des gorges du Tarn ou encore dans les épaisses forêts de pins et de chênes du mont Aigoual et du mont Lozère, on peut facilement dénicher plusieurs espèces intéressantes de plantes, dont quelques-unes sont endémiques, et un nombre impressionnant de famille d’oiseaux, migrateurs ou sédentaires .

Et parce que le parc National des Cévennes bénéficie d’une si importante biodiversité, il se voit attribuer une place dans la Réserve de biosphère de l’ UNESCO en 1985 et dans le Patrimoine mondial de l’Humanité. Un avantage qui permettra au p ar c de veiller sur certaines espèces végétales endémiques, comme l’ancolie des Causses, et de prêter davanta ge attention aux reptiles et aux familles d’oiseaux qui font la renommée de ce dernier. Le parc compte en effet 200 espèces d’oiseaux , dont 124 sont des nicheurs , comme tichodrome échelette qui se plait à arpenter les parois rocheuses des gorges du Tarn .

Ainsi, à part les vautours, les passionnés de l’avifaune et les amateurs de descente en canyoning pourront admirer quelques busards, hirondelles, passereaux et hiboux Grand Duc ou encore se laisser bercer par le chant du rossignol sifflant l’arrivée du printemps. Le printemps annonce également le retour de certains oiseaux migrateurs tels que le circaète Jean-le-Blanc qui vient se reproduire dans les forêts du parc à la mi-juillet .