Période contemporaine

L es Cévennes seront marquée s p ar de profonds changements dans la vie des habitants notamment avec l’avènement de l’époque moderne. Après des années difficiles suite aux guerres civiles et religieuses, les populations profitèrent en effet d’une période prospère qui ne dura cependant pas longtemps.

Le déclin économique des Cévennes

Depuis que les protestants sont devenus des citoyens normaux, les Cévennes entreprirent une amélioration de leur économie en favorisant l’exploitation agricole, minière, forestière et la fabrication de vêtements en soie . Cependant, la maladie de l’encre touchant les châtaign ier s et la maladie du ver à soie arrivée sur le sol cévenol en 1840 a rapidement engendré la décroissance économique dans les Cévennes . C’est ainsi que la moitié du 19 e siècle voit apparaître, pour la première fois sur le territoire cévenol, l’exode rural .

Parmi les cause s de cette importante émigration rurale, on citera, outre les catastrophes agricoles, l’essor du bassin minier et l’exploitation florissante de la vigne dans le Languedoc. Ainsi, les deux tiers de la population quittent les terres cévenoles et laissent le territoire à l’abandon. Entre 1911 et 1921, les habitants préfèrent se tourner vers la production de charbon qui donna du travail à environ 12 000 individus. Seuls subsistent quelques villageois qu i tentent de faire vivre leur s bourgs avec l’artisanat et de petites activités agricoles .

Mais la Grande Guerre signera le dé clin accéléré de la population, car celle-ci diminuera en effet le taux de natalité réduisant la population de 16  % en quelques années . Quant à l’arrivée des années 30, elle n’améliora en rien la vie dans les Cévennes. Cette époque , connue pour ses longues périodes de crise , a en effet augmenté la difficulté économique des Cévennes, notamment dans le secteur agricole . Une crise, accompagnée des deux grandes Guerres mondiales, qui réduit la po pulation de 46  % .

Néanmoins, la fin de l a Seconde Guerre mondial e apporte un vent d’espoir à l’économie des Cévennes. En effet, malgré la crise, causée d’une part par la pébrine et, d’autre part, la concurrence orientale, l’industrie de la soie s’ améliore .

Un nouveau départ

Avec le redressement de la soie et l’élevage du ver à soie en 1975, les Cévennes reprennent des couleurs . D’autre part, le territoire cévenol et ses richesses naturelles sont revalorisés grâce, notamment , à la création du Parc national des Cévennes, en 1970. Parallèlement, les Cévennes ouvrent leurs portes aux jeunes urbains souhaitant renouer avec la nature .

Connues pour ses valeurs et son combat pour les droits des protestants, les Cévennes deviennent également la terre d’exil de plusieurs juifs et antinazis durant la domination allemande. C’est ainsi que le territoire cévenol voit arriver des déserteurs allemands, des résistants ou encore des républicains espa g nols .

Mais ce qui marquera la nouvelle augmentation de la population cévenole , ce sera l’arrivée massive des naturalistes. En effet, à partir de mai 1968, nom breux s er ont les jeunes, lassés des grandes villes, qui déposeront leurs valises dans les bourgs redynamisant ainsi la démographie des Cévennes jusqu’en 1999. Ce qui attire ces jeunes gens en terre cévenole ? La nature revalorisée en partie grâce à la création de la réserve nationale .

Mise en valeur de la richesse cévenole

Conscient s de la fragilité de la nature et de l’économie des Cévennes, les « néoruraux » décidèrent d’investir dans l’ artisanat, l’agriculture , mais aussi le secteur touristique. Faisant preuve d’ingéniosités, ces derniers adoptèrent l’ agriculture biologique, afin de préserver la nature, et promurent le tourisme culturel dans le but de préserver les valeurs culturelles des Cévennes .

Dès lors, en 40 ans, les néoruraux ont réussi à intégrer de nouvelles valeurs sur le territoire cévenol. En effet, la jeune population ne se fuit plus vers les grandes villes permettant ainsi à l’économie de se redresser peu à peu. D’autre part, les Cévennes étant doté e s d’importants attraits touristiques comme les Grands Causses, elles bénéficient d’une plus grande attention auprès des touristes férus de nouvelles découvertes .

Le parc National : la perle des Cévennes

Le territoire cévenol voit l’arrivée massive de jeunes naturalistes et de touris t e s durant l’époque contemporaine précisément grâce à son parc National. Le parc National des Cévennes, créé en septembre 1970, vise en effet à préserver la biodiversité dans cette région du sud de la France. Siégeant au château de Florac, le Parc fut en effet créé dans le seul but de préserver la nature , mais égale ment afin de sauver les villages répartis aux quatre coins du parc. Les Cévennes réclamèrent en effet la création d’un parc afin de réduire, voire mettre fin à l’exode et revaloriser les activités traditionnelles , telles que l’artisanat . Une perspective qui porta rapidement ses fruits si l’on prend en comp te le nombre d’habitants résidant dans le département de la Lozère, l’Ardèche et le Gard. C’est également ainsi que le parc National des Cévennes se retrouve dans la catégorie V des zones protégées par l’UICN .

Naturalistes, botanistes en herbe, amateurs de canyoning et de spéléologie ne se lassent p a s d’explorer les terres cévenoles, depuis les plaines dénudées jusqu’aux montagnes boisées en passant par les Causses et leurs falaises escarpées. Couvrant plus de 93 500 hectares, dont environ 1 000 ha d’aires protégées , la réserve nationale apparaît en effet tel un vaste territoire au paysage exceptionnel doté de plusieurs reliefs et d’un patrimoine culturel et architectural de grande valeur . S’étendant sur la région du Rhône-Alpes et du Languedoc-Roussillon, le parc National des Cévennes accueille en effet les vestiges d’époques lointaines, comme les dolmens et menhirs des civilisations anciennes, les édifices r eligieux témoigna nt de la domination religieuse ou encore les drailles , voies routières datant de l’époque romaine .

La culture romaine, très ancrée dans les traditions cévenoles, a également marqué les villages et les communes qui perpétuent, jusqu’à nos jours, l ’exploitation de l’agriculture et la poterie. Un mode de vie que le parc tente également de préserver en continuant de mettre en valeur les anciennes exploitations et en restaurant son patrimoine culturel. Un patrimoine que les Cévennes ainsi que les Causses souhaitent mettre en avant afin d’obtenir le label « Patrimoine de l’Humanité » . Quant à sa mission de préserver et de protéger la nature, elle a permis au parc d’obtenir une place dans la Réserve de la biosphère de l’UNESCO.