Les mines et le charbon dans les Cévennes

Les Cévennes, pays de la soie , mais également parc national précieux, se distinguent par son passé historique qui marqua le cœur des bourgs de la région. Suite, en effet, aux différentes invasions qui se sont succédé au fil des siècles, le territoire cévenol commença à se concentrer sur l’exploitation agricole, mais également minière. L’extraction de minerais et de charbon s’annonça comme le début d’une période de changement dans les Cévennes . < /p>

La mine a vant l e déclin de la sériciculture

Bien que l’exploitation minière dans les Cévennes ait vu le jour bien avant la sériciculture, durant le 18 e siècle av. J.-C., celle-ci commença à prendre un e place prépondérante da ns la vie des paysans cévenol s qu’après le déclin de la culture de vers à soie. En effet, les premières exploitations qui ont été découvertes sur le sol cévenol remonteraient à 1800 ans avant notre ère et servaient à alimenter la région en cuiv re. Et si l’on retrace l’histoire de l’exploitation minière, on tombe sur une période qui perpétue cette activité. Cette époque est marquée par l’arrivée des Phéniciens qui se sont lancés dans l’exploi tation des mines métalliques dans la région d’ Anduze. Ce tte initiative n’a cependant pas aid é la région à connaître un essor sur le plan économique . Il faudra attendre l a venue des Romains pour donner plus d’importance à ce secteur, au début artisanal . L’argent, le cuivre, ainsi que l’or étaient la cible principale des Romains .< /p>

Après le déclin de l’Empire romain , les Cévennes se retrouvent entre les mains des barbares qui ont forcé l’arrêt de l’exploitation minière jusqu’au début du Moyen Âge. Le plomb et le zinc , qui étaient à l’ é poque romaine, d’aucune utilité, servaient de substitut à l’ argent et comme matériau de construction, notamment le plomb. L’ex ploitation des mines repris, mais la production restait vraiment très faible . Ce ne sera que durant la guerre de succession du trône de l’Angleterre , en 1160, que l es miniers reprennent leurs outils et s’enfoncent dans les galeries. Cette guerre, suivie de la deuxième et troisième croisade, donna en effet un nouveau souffle aux exploitations minières qui alimentaient les pays en guerres en liquidités. La région connu t alors une période florissante qui sera également marquée par la construction de nombreuses églises romanes. Une époque faste pour les Cévennes qui profitèrent de cette belle opportunité durant le 13 e siècle. Le déclin de la culture du ver à soie jouera également un rôle important car celui-ci p oussera les familles pays annes à uniquement compter sur les mines afin de survivre .< /p>

Les mines et le charbon

Avant de parler de l’ avenir de la mine dans les Cévennes, notamment après le déclin de la production de ver à soie, un élément également important est à mentionner dans l’ histoire de l’exploitation minière. Il s’agit en effet du charbon, une matière combustible étroitement liée au dévelop pement économique de la région et la vie quotidienne des paysans. D urant l’époque romaine , lorsque les mines étaient exploitées pour l’argent, l’or et le cuivre, le charbon ne servai t qu’ à chauffer les foyers. Et pourtant, la houille ét ai t abondante dans la région, notamment sous les gisements de minerai de fer. Seul le se ign eur de Portes extrayait le charbon sur ses terres. Cependant, après la chute de l’Empire romain et l’invasion des barbares, l’exploitation du charbon se développa en même temps que l’exploitation des mines. Cet essor, il le doit à l’arrivée des guerres et de la pénurie du bois dans les Cévennes. Le besoin constant de combustible pour cha uffer les fours qui serviront à fabriquer des armes favorisa l ’exploitation de la houille. Néanmoins, cette exploitation restait encore artisanale jusqu’à l’arrivée du chemin de fer. La construction d’une voie ferrée reliant Alès à Marseille, en 1838, a en effet permis au charbon de connaitre une croissance fulgurante. L’exploitation s’industrialise alors à partir de 1880 .< /p>

Après la chute de la sériciculture

Si le charbon a permis au territoire cévenol de faire progressivemen t développer son économie , l’exploitati on minière connut une stabilité moins rapide . Il faudra en effet attendre le 19 e siècle , époque qui marque le déclin de la sériciculture, pour que le travail de la mine s’industrialise. L’exploitation intensive des mines d’argent a ainsi permis aux Cévennes de produire près du quart de la production française au cours des années 1850. Le chemin de fer a, pour ainsi dire , contri bué à cette nouvelle transition. Dès lors, les paysans , qui ne sont pas partis en exo de, sont devenus, jusqu’au 20 e siècle, des ouvriers et travaillent aux côtés des miniers Espagnols . Une période prospère qui dura cependant peu de temps. Durant la Seconde Guerre mondiale, le rendement des mines, tout comme le charbon, commence à stagner. La concurrence engendrera, quant à elle, la fermeture définitive des puits. De nombreux ouvriers perdent leur emploi et les Cévennes subissent un nouvel exode. Ceux qui refusaient de partir luttèrent pour garder leur emploi. Un effort qui sera vain sachant que l’exploitation minière cessera définitivement en 1984 . Il en sera de même pour le charbon qui était considéré comme un combustible particulièrement polluant .< /p>

Désormais, il ne reste plus que des ruines des anciennes exploitations minières, comme à Alès où les randonneurs pourront découvrir, et visiter, la « mine témoin » qui relate le passé mémorabl e de la mine dans les Cévennes, mais également des habitants du territoire cévenol. L’économie des Cévennes ne compte dorénavant plus que sur le secteur tertiaire et artisanal. Dotés d’un magnifique parc national qui abriterai t quelques mines d’uranium, les Cévenols peuvent néanmoins être fi e r s de leur parc qui redynamise la région, revalorise l’agriculture, offre de nouveaux emplois et attire les jeunes urbains souhaitant se rapprocher de la nature .< /p>