Les Cévennes et son Parc National

S’étendant jusqu’au versant sud des Cévennes, le parc National cévenol apparaît tel un splendide univers coloré teint par le calcaire et le schiste. Englobant le Gard, la Lozère, mais également l’Ardèche, le parc national s’agrémente également d’un relief particulièrement varié baignant dans un climat méditerranéen. Le mont Lozère, le Causse Méjean, les Cévennes ainsi que le mont Aigoual s’ajoutent à ce paysage exceptionnel que les randonneurs se plaisent à traverser .

La particularité du parc national cévenol

Fondé en 1970, suite au décret du 2 septembre de la même année, le parc national des Cévennes s’étend sur 94 279 hectares et englobe une cinquantaine de communes appartenant majoritairement à la Lozère et au Gard. Seules quelques communes de l’Ardèche et d’Aveyron se retrouvent sur cet immense espace naturel. Ce vaste espace accueille également le mont Lozère et le mont Aigoual qui viennent ajouter à son paysage dominé par la garrigue , un soupçon de mystère. S’étendant sur trois régions distinctes (le Midi-Pyrénées, le Languedoc -Roussillon et le Rhône-Alpes), ce gigantesque parc reste éga lement le seul espace naturel à bénéficier d’un endroit aussi particulier. En eff et, cette réserve naturelle se trouve en moyenne montagne lui permettant ainsi de se classer en catégorie V des zones protégées de l’UICN .

Mais ce qui fait également l’authenticité et la particularité du parc, c’est le rôle qu’il joue. Ce dernier fut en effet créé dans le but de protéger la biodiversité animale et végétale des Cévennes ainsi que le patrimoine paysager et culturel cévenol .

La faune du parc

Le Parc national des Cévennes reste sans aucun doute le seul endroit où la nature et l’homme cohabitent dans une incroyable harmonie. Une nature, qui malgré la présence humaine, a su garder une certaine authenticité. Cette authenticité se reflète notamment dans la richesse de sa faune et sa flore, aujourd’hui protégée. Plus de 1 000 km 2 bénéficient en effet d’ une protection particulière où s’ épanouissent 1 6 00 espèces végétales et environ 2 410 familles d’animaux .

En parcourant les quelque 2  000 km d’itinéraires de randonnée sillonnant le parc, les amateurs de randonnée et les passionnés de trekking pourront aisément aller à la rencontre des animaux occupant les zones boisées qui s’étendent sur 58 000 ha. On dénombre environ 89 familles de mammifères dont quelques-uns ont été récemment réintroduits dans le parc. Le mouflon, originaire de Chypre et de Corse , fut par exemple introduit au cours des années 50 et occupe actuellement la vallée de l’Hérault et les pentes escarpées des gorges du Tarn . D’autres mammifères, tels que le chevreuil, le castor ou encore le cerf ont été introduits un peu plus tard. Les castors, réintroduits en 1977, profitent désormais de leur nouvel habitant sur les rives du Tarn !

Outre les mammifères, les reptiles et les oiseaux se plaisent également sur ce territoire protégé . On recense une quinzaine de reptiles colonisant le parc, dont le lézard ocellé, considéré comme le plus grand lézard d’Europe. Inclus dans la longue liste des espèces protégée du parc, ce dernier peut en effet atteindre les 60 cm de long et se distingue des autres lézards par les petits ocelles bleus sur ses flancs. Appréciant les endroits ensoleillés, ce reptile se ca che dans les landes, loin du regard perçant des busards et autres volatiles .

Amateur d’avifaune, une descente en canyoning dans les gorges vous permettra d’immortaliser les maîtres du ciel qui ne sont autres que les vautours. Présents sur tout le territoire cévenol, les vautours volent la vedette. Plusieurs familles de vautours nichent actuellement sur les falaises escarpées et les collines du parc, comme le vautour fauve, réintroduit dans les années 80. Avec son pelage beige et sa collerette blanche, il dépasse en nombre les autres espèces de vautours colonisant le parc, tel que le vautour moine ou le vautour percnoptère, un oiseau migrateur particulièrement rare. En parlant d’oiseaux migrateurs, quelques espèces viennent se reproduire dans le parc comme le circaète Jean-le-Blanc qui vient coloniser les forêts au retour du printemps. Les hi rondelle s , bécasse s , hibou x grand-duc, perdrix rouge…, viennent compléter la longue liste des oiseaux peuplant le parc national des Cévennes .

La flore cévenole

En ce qui concerne la flore, elle ne manquera pas non plus de séduire les botanistes en herbe ! Dès le retour du printemps, le paysage tantôt semi-désertique tantôt boisé du parc se pare d’une myriade de couleurs. Parmi les plantes les plus remarquables du parc, on peut citer le sabot-de-Vénus ou encore quelques plantes grasses comme l’orpin de Nice qui fleurit à la mi-juillet. Omniprésente sur les rochers et les murets bordant les route s , cette plante méditerranéenne s’agrémente de petits pétales jaune -vert et résiste parfaitement bien à la sécheresse .

Quelques espèces endémiques méritent également le détour, telles que l’ancolie des Causses , peuplant le sud du Massif central. Dotée de fleurs bleu pâle , cette plante rare apprécie les falaises escarpées des gorges du Tarn tandis que le genêt très épineux, autre espèce protégée, préfère les sols calcaires du parc. L’adonis printanière, le botryche à feuilles de matricaire , le faux cytise à longues grappes , la pivoine officinale … sont autant de plantes à découvrir dans ce milieu protégé et fragile .

Le paysage unique des Cévennes

Colonisé par une importante biodiversité animale et végétale, le parc National des Cévennes a trouvé sa place dans la Réserve de biosphère de l’UNESCO, et ce, depuis 1985. Mais ce n’est pas uniquement son importante richesse végéta l e et animale qui fait l’authenticité du parc. Entre les plaines dorées et les hauteurs recouvert e s d’un manteau de verdure, le patrimoine paysager du parc offre autant de contraste que les naturalistes auront du mal à oublier. Et au cœur de ce paysage se dressent quelque 150 sites et monuments (dolmens, menhirs, ponts…) qui viennent apporte r une petite touche pittoresque à cet univers riche en couleur, ponctuée par les roches granitiques et calcaires du Tarn et du mont Aigoual . Afin d’avoir une vue panoramique sur ce paysage exceptionnel, une petite balade jusqu’au sommet du mont Lozère s’impose . Culminant à 1 699 mètres d’altitude, ce dernier vous dévoile ra toute la splendeur du parc national des Cévennes !