Le moyen âge et les Cévennes

Si l’Antiquité dans les Cévennes est marquée par la domination et l’influence culturelle romaine, le Moyen Âge lui annoncera l ’apparition de la religion sur le territoire cévenol. En effet, avant même le déclin de l’Empire romain qui soulignera la fin de l’Antiquité, le christianisme avait déjà planté ses graines sur le sol cévenol. Par ailleurs, malgré l’invasion des Visigoths et autres envahisseurs, la population chrétienne continue de faire valoir ses droits.

Les Cévennes chrétiennes

Après la chute de l’Empire romain, en 476, le territoire cévenol devient la proie des Visigoths qui étendirent leur territoire de l’Auvergne jusqu’au nord de l’Espagne . N éanmoins, les Visigoths avaient énormément de mal à conserver leurs territoires notamment les régions situées au sud de la France . L ’ invasion des rois Franc s oblige en effet ce peuple de barba re s à s’ éloigner des Pyrénées. A idé s par l’ Église chrétienne , les rois mérovingiens bénéficiaient d’une bonne stabilité sur le plan administratif. Ainsi, en acceptant le christianisme c omme religion, le roi Clovis , ainsi que ses descendants, pouvait aisément gérer tout le territoire complètement sous l’influence de l’ Église chrétienne, qui avait déjà beaucoup d’influence durant l’époque romaine .

L’époque carolingienne fut, quant à elle, marquée par de nombreuses guerres territoriales. La victoire musulmane face à l’armée espagnole, au début de l’an 710, mit fin à l’unité culturelle des côtes méridionales françaises. Les Sarrasins occupè r ent la place des Visigoths et attaquèrent les Francs , mais en vain . Après la victoire des Francs sur les Sarrasins, Charlemagne désigne un compte afin de gérer chaque pagus, ou circonscription territoriale .

Le pouvoir féodal

Malgré la dissolution de l’empire de Charlemagne après son décès, les descendants des comtes désignés par Charlemagne continuent de régner sur les pagus et souhaitent étendre leurs territoires . C’est ainsi que durant le 10 e sièc le, de nombreux confli ts se manifestèrent entre les seigneurs occupant les régions du sud. Entre-temps , les évêques, profitant du chaos entre les comtes, adoptèrent la « Paix de Dieu ». Appliquée entre 1102 et 1112, cette stratégie visait à former une police qui instaurera it le respect de la paix. Parallèlement, les rois capétiens demandent le soutien de l’ Église afin de gagner en autorité sur les grand s comtés de la région. Il faudra attendre l’année 1161 pour qu e l’ accord « bulle d’or » soit scellé entre l’évêque Aldebert III du Tournel et le roi Louis VII . Cet accord , signé à Paris, consistait à donner aux Capétiens des droits royaux sur le Gévaudan , très convoité par les évêques de Mende au milieu du 11 e siècle .

Le comté de Gévaudan

Les conflits continuant entre les comtes, le roi de France vi ent à confisquer certains biens , majoritairement situés sur le territoire du Gévauda n . Tous ces biens appartena ie nt à Pierre Bermond d’Anduze , complice avec le comte de Toulouse. Mais l’arrivée de l’évêque Guillaume Durand II à Mende vers la fin du 13 e siècle annonce le début d’un autre conflit, mais cette fois-ci juridique. Cette lutte juridique visait à rehausser le pouvoir de l’évêque sur le Gévaudan face au roi . Bien entendu, ce sera le Spéculator, surnom donné à l’évêque de Mende , qui aura gain de cause . Celui-ci jouira alors des pleins pouvoirs sur le Gévaudan, en vertu de la « bulle d’or » .

Néanmoins, afin de garder une certaine autorité royale sur le Gévaudan, un accord sera conclu entre l’évêque de Mende et le roi Philippe IV en février 1307 . Cet accord porte le nom d’acte de paréage. Un accord qui sera également conclu avec l’év êque du Vivarais ou du Velay. Dès lors, Gévaudan devient un comté et les bases administratives de ce dernier s ont mises de côté. Trois domaines divis ent désormais le comté : le domaine du roi , de l’ évêque et la terre commune, territoire des barons .

Il faudra attendre l’arrivée de l’année 1360 pour que le Gévaudan devienne une zone frontière. En effet, l’arrivée du conflit franco-anglaise, signalant la fin du Moyen Âge, annonce également la venue des pilleurs dans la région, des mercenaires qui ne recevaient aucune paie . En dépit des pillages et des tueries, le territoire cévenol a néanmoins su garder quelques vestiges qui témoignent de la grande puissance de l’ Église sur les Cévennes .

La grandeur du pape Urbain V

Connu pour avoir réussi à obtenir les plein s pouvoir s sur le Gévaudan, l’évêque Guillaume Durand, également connu sous le nom de pape Urbain V , a réussi à faire parler de lui au-delà des frontières françaises. Né en 1310, l’évêque de Mende se révèle en effet être un érudit . Celui-ci entreprend d’ailleurs des études à la Faculté des Arts , située à Montpellier, et approfondit le droit civil à Toulouse . Après s’être autoproclamé bénédictin, Guillaume Durand poursuit ses études dans de nombreus es universités avant de devenir docteur en droit canon vers le milieu du 14 e siècle .

Après avoir acquis l e titre d’abbé de Saint-Germain d’Auxerre et celui d’abbé de Sai nt-Victor de Marseille, Guillaume Durand devient Urbain V en septembre 1362, après le décès d’Innocent VI. Étant au service de la paix et de la justice, le pape Urbain V intervient dans de nombreux conflits et lutte également contre les abus de l’ Église . La papauté à Rome fut d’ailleurs acheminée par celui-ci .

Mais c’est précisément dans les Cévennes que le pape Urbain V apporta le plus de changement jusqu’à sa mort en décembre 1370. L’église de Grizac et le collège de Saint-Germain-de-Calberte furent construits en 1363 et les premiers murs de la cathédrale de Mende virent le jour .

Les églises et les châteaux de Moyen Âge

Le pape Urbain V favorisant la domination religieuse sur le territoire cévenol, de nombreuses églises et abbayes furent construites comme l’abbaye de Sainte-Enimie . Les églises, souvent de petites tailles , témoignent de l’ époque médiéval e à travers leurs constructions en pierre . Avec l es églises apparaissent également les grandes fortifications. L’une des forteresses les plus célèbres reste certainement la maison-forte qui souligne également la fin du Moyen Âge. Construit à des fins militaires, ce «  château » se situ e au fond d’une vallée. Renforcée par les seigneurs afin d’asseoir leur domination militaire, l a maison-forte s’agrémentait de plusieurs tours purement symboliques . De nos jours, ce château accueille désormais de s familles nobles .