Le Causse de Méjean  : petit voyage dans le temps

Classé patrimoine mondial de l’U NESCO depuis 2011, le Causse de Méjean n’a pas son égal dans toutes les Cévennes. Doté d’un paysage hors du commun avec ses plaines colonisées par les hautes herbes, le Causse de Méjean apparaît en effet tel une vaste étendue déserte qui fait place à la rêverie. À cheval entre le Causse noir et le Caus se de Sauveterre, cet espace semi -désertique combler a votre passion pour les grandes évasions.

Le paradis des géologues

Le Causse de Méjean, c’est avant tout 34 000 hectares de roches sédimentaires datant du jurassique. De nombreuses couches de roches calcaires remontant à l’ ère secondaire ont en effet été découvertes sur ce site. En arpentant les drailles et les sentiers sinueux traversant le Causse, les géologues en herbe pourront apercevoir ces couches calcaires et dolomitiques sur les pentes escarpées recouvertes de landes . Des couches de calcaires dont l’épaisseur atteint les 1 500 mètres à certains endroi ts.

Mais ce ne sont pas uniquement les roches calcaires qui ont fa çonné le paysage que l’on connaî t actuellement du Causse de Méjean . Après la formation de la chaî ne hercynienne , à l’ère primaire , une importante érosion se provoqua l a formation de plusieurs dépôts fluv i atil e s , venant de nombreux massifs , qui se sont peu à peu accumulés dans les dépression s . 190 millions d’ années plus tard, cet te surface faiblement onduleuse résultant de l’érosion de la chaîne hercynienne se retrouve envahie par la mer. Les dépôts marins commenceront alors à s’accumuler sur le sol entre le Jurassique et le Crétacé . Cependant, après le soulèvement des Cévennes, la mer peu profonde se v id e et la plaine formée par les sédiments marins s’ érode lentement. Quant aux mouvements tectonique s des Alpes et des Pyrénées , ils entrainèrent la fissure d es bordures orientales et méridionales du Massif central , donnant nais sance aux Causses des Cévennes, dont le Causse de Méjean .

Mais la formation des Causses ne s’arrête pas là. En effet, influencés par un climat méditerranéen chaud et humide , les Causses vont peu à peu subir la dissolution et la fragmentation de certaines roches sédimentaires favorisant ainsi la pénétration de l’eau douce dans certaines couche s . Il faudra néanmoins attendre l’apparition des volcans, il y a de cela six millions d’années, pour que l’épaisse couche sédimentaire se transperce. C’est ainsi que les Causses des Cévennes s’agrémentent de vallées et de grottes souterraines qui font, de nos jours, le plus grand bonheur des géologues .

Une immense source d’inspiration

Façonn é par l’ érosion, les volcans et les variations climatiques, le Causse du Méjean se pare d’un immense plateau où règnent en maîtres la lande et la pelouse sèche. Un vaste site désolé culminant à 800 mètres au-dessus de la mer qui abrite pourtant un important réseau de galeries souterraines, formé par les eaux de pluie, q ui méritent vraiment le détour . La grotte Amélineau et l’aven Armand sont à inclure dans votre circuit de randonnée . Vous oublierez rap idement l e paysage hostile du Causse face à ce panorama verdoy ant .

Mais il n’ y a pas que du cô t é des grottes et des gorges que la nature offre de beaux décors. Le paysage du Causse s’agrémente en effet de petites forêts de pins , de chênes verts et de hêtres à quelques endroits, notamment à l’ouest . Et c’est au milieu de ce paysage tantôt désolé, tantôt verdoyant que s’épanouissent les chevaux de Przewalski , réintroduit en 1993, qui se sont rapidement adaptés aux conditions climatiques rudes du Causse de Méjean. Des chevaux sauvages qui cohabitent avec les vautours peuplant les falaises abruptes des canyons. Mais il n’y a pas que les vautours et les chevaux qui occupent ce vaste territoire vallonné .

La faune et la flore du Causse de Méjean

Délimité par les canyons du Tarnon, à l’est, de la Jonte , au sud , et du Tarn au nord ainsi qu’à l’ouest, le Causse de Méjean se pare d’un relief particulièrement contrasté favorisant également l’épanouissement de certaines espèces animales. Outre les chevaux de Przewalski , le mouflon de Corse et les vautours moines qui apprécient ce territoire semi-désertique, d’autres animaux semblent également profiter de cet immense espace au caractère hostile. Les oiseaux en font partie, comme les rapaces ( aigle royal, faucon pèlerin , etc.) ainsi que les reptiles (lézard vert, couleuvre verte…), 199 familles d’insectes (criquets, papillons, sauterelles…) et quelques batraciens (grenouilles, crapauds , etc.) . Comm e la loutre et l e castor, réintroduit en 1978, la plupart de ces espèces vivent aux abords des cours d’eau .

La flore, elle aussi, apprécie l’ humidité et la fraicheur forêts. Ainsi, en parcourant les forêts de pins sylvestres et de hêtres, les botanistes en herbe pourront immortaliser quelques or c hidées, comme le sabot de Vénus tapi sous les hautes herbes. Du côté des vallées, c’est un autre univers, recouvert de pelouses, de landes à Buis et de quelques prairies, qui apparaît aux yeux des voyageurs. Un vaste plateau bosselé et nu qui accueille néanmoins quelques villages presque figés dans le temps qui semblent ne faire qu’ un avec la nature .

Les petits bourg s du Causse

Le caractère hostile de Causse de Méj e an a fait de lui l’un des endroits les moins peuplés des Cévennes. Bien que ce dernier accueille 13 communes, dont Meyrueis, Florac ou encore Verbon, le Causse demeure une région où le temps semble s’être arrêté. Seul le bêlement des moutons et des brebis paissant près des petits champs de blé et le sifflement des bergers rappelant leur chien viennent perturbe r ce silence presque perturban t.

Quant aux petits villages , se dressant au milieu de ce monde envahi par les landes, ils abordent un caractère rustique qui reflète à la perfection cette nature inhospitalière avec leurs murs construits dans la roche calcaire. Et si ces petits bourgs paraissent presque inhabités, ils ne furent pas toujours ainsi. Ces derniers étaient en effet, dans les temps anciens, le grenier à céréales du Causse. L es plaines accueillaient en effet de vastes champs de blé . Mais l a crise économique des Cévennes et l’exode ont rapidement mis fin à l’agriculture et les vastes champs de céréales ont cédé leur place aux moutons . Quelques Caussenards co ntinuent néanmoins de cultiver de petites surfaces et de perpétuer les vieilles traditions .