L’antiquité et les Cévennes

Depuis l’apparition des premières traces de l’homme sur les terres cévenoles, durant la préhistoire, l a région n’a cessé de se développer et d’accueillir de nouvelles civilisation s venant. Avec elles arrivent également les guerr es territoriales. L’une des guerres les plus célèbre s se déroule précisément durant l’Antiquité, lorsque l’Empire romain vivait ses heures de gloire .

Les Cévennes sous la puissance romaine

Après l’échec de s Celtes, occupant le sud de la France, face à l’armée romaine, le territoire cévenol subit d’importants changements. Peu à peu, l’économie de la région se développe en effet suite à la rénovation d’anciennes routes menant au port de Marseille. Les peuples croissent également apportant à la région aussi une nouvelle de changement . Bien qu’une grande partie des Gabales occupent le territoire cévenol , les Romains ont davantage influenc é la culture et l’économie de cette région de la France .

En effet, après l’invasion romaine qui dura jusqu’au 5 e siècle, les Cévennes se furent attribué deux provinces . Celles-ci ne sont autre s que l’Aquitaine et la Narbonnaise, dont la capitale est Narbonne. La frontière séparant ces deux provinces sera le Causse de Méj e an. Parallèlement, les routes utilisées par les anciens occupants sont améliorées , permettant ainsi aux commerçants et col por teurs de voir rapidement leur commerce fleuri r.

Parallèlement, les Cévenols commencent également à s’enrichir grâce à l’expansion de leurs cultures. L’agriculture et l’élevage dans les Cévennes étaient en effet très exploités. En savourant votre randonnée au cœur du parc des Cévennes, vous pourrez tomber sur les ruines de no mbreux établissements agricoles, appelés Villae .

Les Villae romaines

L’appa rition des Villae, destinées à l’exploitation agricole , marquent sans doute une page importante de l’Antiquité dans les Cévennes. Ce sera en effet le début du développement économique de ce territoire du sud de la France. Le nombre de ces exploitations témoigne l’ essor du secteur agricole dans le courant du 1 er et 3 e siècle. Les établissements tels que la Villae de Rouveret-la – Faïsse , de Saint-Clément ou encore de Finiols ont d’ailleurs intéressés de nombreux chercheurs . Certains scientifiques apport ent en effet un intérêt particulier aux plans de ces V illae qui comportaient, pour les plus fastueuses , des thermes, des pièce s chauffées ou encore des salle s décorées . Des vestiges qui en disent bien long sur l’accroissement de l ’agriculture dans la région grâce à la culture de la céréal e . Les Villae les plus fastueuses étaient celle de Saint-Clément et de Finiols. Quant au site de Rouveret-la Faïsse, il comprenait une pièce destinée au stockage adossée à la maison. À côté des établissements ont aussi été retrouvés quelques vestiges d’ anciennes demeures qui ont permis de découvrir l’existence de trois agglomérations sur le territoire cévenol .

Le parc national des Cévennes et ses agglomérations

De nombreuses fouilles ont en effet mis à jour l’existence de trois bourgs antiques dans le parc National des Cévennes : Bagnols-les-Bains, le village de Meyrueis et celui Perjuret situé à l’est des falaises du Causse de Méjean. Ce dernier était d’ ailleurs un village gallo-romain qui exploitait intensément la culture de la céréale et réalisait aussi beaucoup de produits artisanaux. Les huit cabanes , découvertes par les chercheurs, étaient réalisées en pierres sèches et avaient une forme circulaire .

En ce qui concerne le bourg de Meyrueis , localisé dans la vallée de la Jonte, il demeure certainement le plus étendu des trois. D’après les fouilles, ce village s’étendrait sur une 10 d’hectares. Une partie de ce village , occupant la rive gauche de la Jonte, se trouve d’ailleurs sous le bourg actuel. Cette grande agglomération avait des demeures chauffées par le sol et même un temple .

Situé dans la vallée du Lot, le bourg Bagnols-les-Bains, quant à lui, était plutôt célèbre pour ses sources thermales. En effet, la vallée du Lot accueillait d e s source s chaude s q ui pouss èrent rapidement les gen s à s’y installer. Au cours de votre descente en canyoning , un petit détour sur la rive gauche du Lot vous permettra de découvrir c e qui reste des thermes de l’Antiquité .

Les deux plus grandes voies des Cévennes

Avec les échanges entrepris entre ces trois provinces et l’arrivée massive des marchand s ambulants, l’amélioration des voies de communication fut entamée . Deux grandes voies restent d’ailleurs marqué es dans les mémoires cévenoles : la voie de Coudoulous et celle de Régordane .

La route de Régordane fut découverte et attestée à partir du 12 e siècle. Cette dernière relierait le Bas-Languoec à l’Île-de-France. Bien que cette voie n’apparaisse sur aucune carte routière datant de l’Antiquité, celle-ci semble cependant suivre le tracé de la vallée du Gardon. Rappelons que la vallée du Gardon servait, toujours dans l’Antiquité, de lien entre la vallée du Rhône , le Languedoc oriental et le Massif central . De plus, la voie traversait le territoire des Gabales .

En ce qui concerne la route de Coudoulous , elle servait de lien entre la Régordane et la draille du Languedoc atteignant le mont Lozère . Quelques graffiti en latin collés sur les parois rocheuses certifient l’existence de cette voie. Mais cette bretelle doit sa renommée à son impact sur l’économie de l’ère gallo-romaine. En effet, cette voie a été tracée afin de favoriser l’e xploitation minière, notamment celle du mont Lozère . Partant de Portes et se terminant au col de la Croix-de-Berthel, la voie Coudoulous favorisa également l e développement du secteur artisanal. Des fouilles entreprises durant les an nées 80 au col de la Croix-de-Berthel ont en effet permis de découvrir des fours de tuiles et un atelier travaillant le métal .

Le développement de l’exploitation minière et artisanale

L’existence de mines d’ argent du côté du territoire des Gabales a effectivement favoris é l’ exploitation minière dans les Cévennes. Plusieurs mines on t en effet été découvertes sur l e parc National des Cévennes, dont celles situées entre les villages du Mazel et de Neyrac qui s’agrémentent de plusieurs galeries et chambres d’exploitation . Parallèlement, les ateliers de terre cuite grandissaient également à grande échelle. Un atelier de poterie fut découvert à Florac dans les années 60 et un atelier de tuiliers fut mis à jour par les chercheurs au cours des années 80 à Saint-Maurice-de-Ventalon . Avec le développement économique, la demande en bois augmente également. C’est ainsi que les forêts colonisant les Grands Causses finirent par se transformer en bois d’œuvre ou servir de combustible .