Histoire et traditions cévenols

Sur le plan historique, les Cévennes étaient un nom attribué par Jules César lors de sa conquête de la Gaule. Mais l’histoire des Cévennes ne se limite pas uniquement à la domination romaine. Elle remonte en effet à la préhistoire , lorsqu’une boîte crânienne fut découverte non loin du Puy en Velay.

De la préhistoire à la civilisation romaine

Les toutes premières trace de l’homme et furent découvertes dans la grotte Chauvet, située en Ardèche. D’autres grottes attestent également le passage de l’homme dans les Cévennes 5 000 ans avant notre ère. Les chercheurs y découvrirent en effet quelques morceaux de poteries et des dessins sur les murs des grottes .

Il faudra cependant attendre 1 000 ans avant J.-C. pour voir l’arrivée de nouvelles civilisations comme les Ruthènes occupant l’ouest, les Volques Are comique qui ont créé la ville de Nîmes et les Gabales qui ont colonisé le nord des Cévennes. Quant aux dolmens et menhirs éparpillés dans les Causses, ils ne font qu’attester l’existence d’ anciennes civilisations , d’ origine celtique et gauloise, qui ont occupé le territoire des Cévennes jusqu’au 5 e siècle avant Jésus-Christ . Une civilisation qui se décima rapidement après la domination romaine .

L’arrivée des Romains apporta un nouveau souffle à la région. Peu à peu, la construction de nouvelles route s profita en effet à l’ essor du commerce et de l’artisanat. Les premières voies construites par les Romains étaient appelées « drailles » et continue nt de servir de liaison jusqu’à nos jours. La Voie Régordane, par exemple, permettait aux villes de Nîmes au Puy et au Gévaudan, pays des gabales, de communiquer. Bref, ce fut une époque glorieuse pour la région, mais qui prit rapidement fin après le déclin de l’Empire romain. Néanmoins, entre-temps , le protestantisme s’est déjà petit à petit installé dans la région, notamment durant la réforme de Luther au 16 e siècle .

Les Cévennes protestantes

Durant la domination romaine, le christianisme s’est effectivement peu à peu imposé . Après la chute de l’Empire romain, le protestantisme commence à se répandre dans toute la région. Les habitants se convertirent peu à peu au protestantisme qui, à cette époque, était encore interdit en France. Quelques villages, comme Anduze, conservent encore de nombreux édifices religieux témoignant de la rapide propagation de cette nouvelle religion .

Mais les protestants ne connurent pas que des jours glorieux. En effet, avant d’être complètement acceptés, les protestants devaient encore faire valoir leur droit. Les guerres éclatent avant la proclamation de l’ Édit de Nantes en 1598, durant le règ ne du roi Henri IV . 95% de la population cévenole était protestante. L’ Église protestante profita alors d’ un moment de répit avant de subir une nouvelle attaque durant le règne de Louis XIV. Ce dernier imposa en effet une religion « unique » et tenta de supprimer la minorité protestante. Une nouvelle guerre de religion éclat e et mit presque fin au protestantisme. Presque, en ef fet, car, quelque part dans le désert, une minorité non violente tente de se faire entendre, notamment après la révocation de l’ Édit de Nantes. Considérés comme des « hors-la-loi », les quelques protestants se réfugièrent dans le désert durant plus de 100 ans. Cette époque marque également le dé but de la guerre des camisards, en 170 2 . Les camisards étaient de jeunes gens dont les parents étaient catholiques. Plus de 3 000 jeunes ( entre 18 et 25 ans ) , avec à leur tête Castanet ou encore Cavalier, prirent les armes et affrontèrent les 40 000 soldats du roi. Une guerre re ligieuse mémorable qui dura 2 ans. Bien entendu, les camisards , vaincus, ont été obligé s de rendre leurs armes et la traversée du Désert se poursuivit pour les protestants .

Ce ne sera qu’en 1798, durant la Révolution française, que la « fin du Désert » arriva. La liberté de culte sera donnée par Rabbaut Saint-Étienne . Il proclama que « nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses  ». Une phrase qui se retrouve, de nos jours, dans l’article 10 des Déclarations des droits de l’ homme . Dès lors, les protestants purent exercer leur religion et devinrent des citoyens normaux .

Les traditions cévenoles

En ce qui concerne l es traditions dans les Cévennes , elles gardent un lien particulièrement étroit avec la vie quotidienne des habitants de la région. Quelques évènements relatent d’ailleurs certaines traditions cévenoles, comme la fête de la transhumance, un évènement traditionnel très célèbre dans le territoire cévenol. Cet évènement, organisé durant le mois de juin sur le mont Aigoula et le mont Lozère , dure 2 jours et permettra aux férus d’histoire d’en savoir davantage sur la Transhumance. Elle repose sur l’histoire des bergers et de leurs troupeaux qui traversaient les drailles, anciennes voies romaines, afin d’atteindre l’estive , pâturage en montagne. Durant la grande traversée , les moutons sont parés de décorations colorées et traversent tout le territoire cévenol avant d’atteindre les hauteurs où ils profiteront des verts pâturages jusqu’à la mi-octobre .

Parmi les nombreuses traditions cévenoles, on retrouve également la fameuse culture de la châtaigne. La construction de p lusieurs canaux datant du 19 e siècle témoigne l’importante production de châtaigne s dans la région. Ces canaux servaient en effet à approvisionner en eau les vallées asséchées, telles que la vallée de la Borne. Très appréciés, notamment en hiver, les châtaignes se dégustaient durant la veillée hivernale. Également connue sous le nom d’afachada, la châtaigne se consommait également grillée dans une poêle percée. Mais le châtaignier n’était pas uniquement apprécié pour son fruit. Le bois de châtaign i e r servait également dans la construction des maisons. Escaliers, meubles, charpentes… , le bois de châtaignier se trouvait partout. Pouvant également servir de bois de chauffage, cet arbre servait également dans la fabrication d’ accessoires divers comme les outils agricoles. Quant à ses feuilles, elles étaient également récupérée s afin de nourrir l es ovins . Bref, le châtaignier avait de multiples usages et a permis à l’industrie cévenole de se développer rapidement, notamment dans la vallée du Chassezac. En effet, une nouvelle usine fut créée en 1999 afin de transformer les châtaignes en farine ou encore en châtaignons. Cependant, après une importante gelée survenue en 1709, la majorité des châtaigniers cévenols moururent et tout le territoire connut une importante famine.