Arts et architectures et les Cévennes

Avant d’évoquer l’art et l’architecture dans les Cévennes, un petit survol de la géographie et du paysage cévenol s’impose. Ce sera en effet grâce à la géologie des Cévennes, majoritairement constituée de schi ste, de granite et de calcaire, que le paysage du territoire cévenol se pare tantôt d’un relief accidenté au creu x des C ausses, tantôt d’un univers colo nisé par la garrigue.

Un milieu naturel exigeant

S’étendant sur toute la Lozère et une petite partie du Gard, le territoire cévenol laisse apparaître un paysage dominé par le schiste, le granite, pré cisément du côté du mont Lozère, et le calcaire omniprésent dans les Causses. Un territoire assez hostile poussant les habitants à s’installer du côté des falaises des Causses, afin de pouvoir se concentrer sur l’agriculture en terrasses, la issant ainsi les plateaux aux pâ turages. L a présence de ces trois roches a donc fortement influencé le mode de vie des habitants, mais également l’architecture des habitations.

C’est en effet sous l’influence de cette nature plutôt exigeante que les hameaux s’agrémentent d’ une architecture traditionnelle que l’histoire n’a guère laiss é le temps d’évoluer . Après l’exode rural du 19 e siècle et l’arrivée d’une population jeune souhaitant se rapprocher de la nature, les habitations sont en effet presque laissées intactes et les anciennes exploitations agricoles et artisanales remises à neuf. Ainsi, l’architecture rustique des hameaux se retrouve partout sur le territoire cévenol. Une architecture que vous pourrez découvrir dans les quelques communes s’étendant sur tout le territoire du Parc national des Cévennes, notamment sur le mont Lozère où les fermes fortifiées et les anciennes habitations cohabitent harmonieusement avec cet environnement au climat particulièrement rude .

Les h abitats des Cévennes

Les bourgs des Cévennes s’agrémentent en effe t de maisons à l’architecture ancienne mettant en avant l’art cévenol, conservé depuis plusieurs siècles . L’architecture reflète également ce que fut l’agriculture depuis l’époque des rois et l’évolution qu’a subie l’économie des Cévennes depuis l’époque contemporaine. C’est au cœur même du Parc national des Cévennes, regroupant environ 4 000 habitations, que l’architecture rurale reste très présente à travers les églises, les fortifications, les châteaux ou encore les chaumières. Doté d’un environnement parfois hostile, le territoire cévenol pousse les occupants à construire des maisons à l’abri du vent et tourné e s vers le soleil . Quant aux matériaux utilisés pour les maisons , ils dépendaient en partie des éléments à portée de main des habitants. C’est ainsi que l’on retrouve trois types d’architectures traditionnelles cévenoles localisées dans les Causses, le mont Lozère et dans les vallées .

Les maisons de granite du mon t Lozère

Véritable poumon du Parc national des Cévennes, le mont Lozère accueille quelques habitations rustiques témoignant de la rudesse du climat et de la forte présence de granite dans la région. Les habitations apparaissent en effet comme de gros blocs de granite doté d’une petite ouverture semblable à une forteresse. Cette architecture est en effet liée à la situation géographique des maisons, situées sur la pente de la montagne, et au climat particulièrement venteux. Le chaume de seigle sera remplacé par des dalles de schistes lorsque l’élevage entraina le déclin de la culture du seigle. L’intérieur des maisons s’agrémente alors de deux niveaux dotés d’un plafond relativement bas, d’une salle commune et d’une étable reliée à la maison par une porte donnant au rez-de-chaussée .

Ces maisons de granite témoignent également du passage de civilisations lointaines qui faisaient déjà appel à ce type d’architecture. Il s’agit précisé ment de la civilisation romaine occupant la Gaule jusqu’au 5 e siècle. En vous dirigeant vers la vallée du Valdonnez, vous pourrez observer le mausolée, vestige de la civilisation gallo-romaine. Mais l’architecture des hameaux du mont Lozère sera également influencée par les Hospitaliers qui ont colonisé le versant sud du mont Lozère .

Les vallées cévenoles

Du côté des vallées cévenoles, la présence en masse du schiste pousse les villageois à bâtir des maisons assez étroites et élevées. Dépourvus de fondation, les habitats étaient directeme nt construits à même le rocher. Dans cette région, l a culture et l’élevage des vers à soie jouaient un rôle primordial pour l’économie des Cévennes. C’est ainsi que, afin d’exploiter au maximum le sol plat pour l’agriculture, les maisons étaient regroupées. Les portes ainsi que les fenêtres étaient, quant à elles , orienté e s vers le soleil dont le rayonnement venait éclairer les blocs de quar tz illuminant les murs de schiste. Situées à mi-pente, les habitations permettaient également d’avoir un accès facile aux vallées encaissées et de pouvoir emmagasiner l’eau dans des bassins, également appelés gourges. Potagers, vergers, mûriers, landes et châtaigniers pouvaient donc être cultivés en grande quantité sur ce territoire au sol pourtant pauvre , mais riche en eau.

Le calcaire des Causses

En se dirigeant vers les Causses, notamment le Causse du Méjean, on se laisse doucement transporter par une tout autre architecture rustique fortement influencée par l’environnement pauvre de la région. Le calcaire étant très présent sur ce site, les habitations s’agrémentent en effet de murs et de toits en calcaires . Également dépourvues de charpente, comme les maisons peuplant les vallées cévenoles, les habitations comprenaient un système de voûte s . En dépit de son aspect hostile, le causse était au cœur d’une importante activité humaine. Le Causse du Méje an accueillait e ffe c t ivement d’importantes cultures de céréales, aujourd’hui remplacées par de verts pâturages. Le calcaire se re trouve également dans les bâtis situés non loin des bourgs. Murets, fontaines clochers, moulins , ponts …, ces bâtis annexes témoignent en effet de l’omniprésence du calcaire dans cette région des Cévennes.

L’art au fil des siècle s

Mais l’architecture et l’art des Cévennes ne se reflètent pas uniquement à travers les vieilles maisons en pierre. On les retrouve également au cœur des édifices religieux, seuls témoins du passage de différentes civilisations sur le territoire cévenol. Ainsi, l’époque carolingienne sera immortalisée dans le baptistère du Puy-en-Velay tandis que l’ art roman laissera son empreinte sur la cathédrale du Puy-en-Velay. La vague gothique , quant à elle , influencera davantage les villes de Montpellier , de Mende et de Rodez et donnera naissance à de magnifiques cat h édrales. Pour ce qui est de l’architecture classique, elle sera représentée, avec dignité, par le vieux Montpelier occupé par de ric hes bourgeois .